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Le conseil se penche sur les situations au Cambodge et en République Démocratique Du Congo

Le Conseil des droits de l'homme a tenu ce matin un débat interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme au Cambodge, Mme Rhona Smith, venue présenter un rapport au Conseil. Il avait au préalable conclu son dialogue interactif renforcé sur l'assistance technique à la République démocratique du Congo dans le domaine des droits de l'homme, entamé hier après-midi.

Le Conseil a en outre entendu une allocution du Président de la République centrafricaine, M. Faustin-Archange Touadéra, venu partager les avancées de son pays et expliquer l'importance que revêt la lutte contre l'impunité. « La fin de la transition politique ne signifie pas la fin de la crise en République centrafricaine », car « la situation sécuritaire et humanitaire y demeure fragile », a mis en garde le Président. L'appui des partenaires et amis de la République centrafricaine et de la communauté internationale en général permettra au Gouvernement de relever ces défis afin d'offrir un avenir meilleur à ce peuple centrafricain très meurtri, a-t-il déclaré.

Mme Rhona Smith, Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme au Cambodge, a souligné que les élections municipales de juin 2017 se sont globalement bien déroulées ; 90% de l'électorat a pu voter, a-t-elle précisé, jugeant cela encourageant pour les élections générales qui doivent se dérouler le 29 juillet 2018. Toutefois, la situation générale est alarmante pour un pays qui affirme être une démocratie libérale pluraliste, a-t-elle poursuivi. Des changements ont été apportés à la Loi sur les partis politiques, dont l'un permet leur dissolution sans possibilité de recours. Dans le contexte cambodgien, ces amendements affectent de manière disproportionnée les membres de l'opposition politique, le sort de l'opposition politique semblant se trouver entre les mains du pouvoir exécutif. Depuis le mois d'août, trois présidents de partis d'opposition ont été détenus. La pression sur les organisations non gouvernementales s'est accrue ces derniers mois avec l'application de diverses dispositions de la loi sur les associations et les ONG, a ajouté Mme Smith. Un autre problème est la réduction importante de la liberté des médias, a-t-elle indiqué. La réduction de l'espace démocratique et sa remise en cause atteignent des niveaux jamais atteints auparavant, a déclaré Mme Smith. Le pays se trouve « au bord du précipice », si rien n'est fait à partir de maintenant pour garantir la crédibilité des élections, a-t-elle averti.

Intervenant en tant que pays concerné, le Cambodge, par la voix de son Représentant permanent auprès des Nations Unies à Genève, M. Ney Sam Ol, a affirmé que le rapport de Mme Smith contenait très peu de recommandations encourageantes et d'évaluations positives et ne prenait pas en considération la réalité et les acquis. Le Cambodge reste attaché à la coopération et au partenariat avec tous les mécanismes des droits de l'homme et autres parties prenantes, a-t-il indiqué.

Au cours du débat qui a suivi, la plupart des intervenants se sont inquiétés de la pression voire du musèlement dont sont victimes les opposants politiques, les médias et les organisations de la société civile au Cambodge. Ils ont insisté sur la nécessité pour les autorités de corriger le tir afin d'assurer la tenue d'élections libres l'an prochain, des élections générales devant en effet se tenir dans le pays le 29 juillet 2018. Certains orateurs ont attiré l'attention sur les progrès réalisés par le Cambodge pour se stabiliser et coopérer avec les organes des Nations Unies, insistant sur le droit pour ce pays de choisir sa trajectoire.

Achevant son débat interactif renforcé sur l'assistance technique à la République démocratique du Congo dans le domaine des droits de l'homme, le Conseil a entendu un certain nombre de délégations faire part de leurs vives préoccupations face à la situation dans le pays, qui se manifeste par des tueries dans le Kasaï, une répression impliquant les agents de l'État et qui s'abat sur les civils, les défenseurs des droits de l'homme, les médias et les opposants politiques, en plus de la grave crise humanitaire que connaît la pays, avec des déplacés internes et d'autres fuyant vers les pays voisins. Cette situation est le résultat du refus du Gouvernement d'organiser les élections présidentielles à temps et de limiter la durée des mandats présidentiels, a-t-il été affirmé. En outre, le Gouvernement n'applique pas l'Accord du 31 décembre qui doit permettre d'assurer une transition politique pacifique, a-t-il été souligné.

Quelques délégations ont pour leur part estimé que le Gouvernement faisait preuve de coopération avec les mécanisme des Nations Unies et avait les capacités de régler seul ses problèmes dans le cadre d'un dialogue politique interne ; la communauté internationale doit donc respecter la souveraineté de la République démocratique du Congo et se borner à lui fournir une assistance technique dans les droits de l'homme.

Le Conseil doit se pencher à la mi-journée sur l'assistance technique à la Somalie et à la Libye dans le domaine des droits de l'homme.

Distribué par APO pour United Nations Office at Geneva (UNOG).


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