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Le Président Hery Rajaonarimampianina à Beijing
Des signatures portant sur la réalisation de plusieurs projets d'envergure ont eu lieu ce 26 mars à Beijing, dans le cadre de la visite d'Etat du Président Hery Rajaonarimampianina en République Populaire de Chine.
  • Il s'agit en premier lieu d'un mémorandum pour la mise en place d'une Zone Economique Spéciale avec la Chine dans le pays ;
  • Le second accord, signé à l'occasion de la visite de la délégation malgache au siège de la China Communication Construction, porte sur la construction de l'autoroute Antananarivo-Toamasina ainsi que celle du grand port prévu dans la baie de Narinda, sur la côte nord-ouest de l'Île, face au canal du Mozambique ;
  • Le troisième accord a été signé avec la société de télécommunications Huawei qui va apporter son expérience au développement du concept de « ville intelligente », disposant d'un réseau de caméras de surveillance pour la sécurisation et la gestion des activités urbaines, à relever que 80 caméras sont actuellement opérationnelles dans la ville d'Antananarivo. Par ailleurs, dans le cadre de cet accord, Huawei va accorder des bourses à des jeunes étudiants malgaches.
Sur le plan général, pour améliorer les relations avec les investisseurs chinois, une antenne de l'EDBM, Economic Development Board, sera installée en Chine. Par ailleurs, dans le courant de la journée, le Président de la République et la délégation malgache ont visité la Cité Interdite, laquelle reçoit un million de visiteurs chaque année.
Rencontres avec les investisseurs chinois
Dirigée par le Président Hery Rajaonarimampianina, les rencontres économiques organisée ce 26 mars à Beijing constitue une nouvelle étape dans le raffermissement des relations avec les milieux d'affaires de la République Populaire de Chine. Il a présenté les défis de la promotion de la croissance à Madagascar et en Afrique, en soulignant toutefois que « la meilleure façon de connaître Madagascar c'est d'aller à la rencontre de sa population, de discuter avec les responsables, pour partager leurs visions et leurs aspirations. Il existe une volonté politique de changer la trajectoire du pays qui a vécu près de cinq décennies de pauvreté. Il s'agit, en l'occurrence, de mettre en place une politique de développement durable axée vers l'intérêt de la population. Elle est basée sur la mise en place de projets structurants, qui visent le long terme et l'inclusivité, et pour promouvoir la paix et la sécurité, et l'esprit gagnant-gagnant. » Le Chef de l'Etat a réitéré qu'il n'y aura pas de progrès économique sans un secteur privé fort et productif. « Notre secteur privé a déjà la volonté d'aller de l'avant, mais a besoin de collaboration, d'échanges, de nouvelles technologies, de nouvelles idées, et des d'investissements pour réaliser des projets dans le pays avec vous », a-t-il fait savoir à l'intention des investisseurs chinois.
Le Président Rajaonarimampianina a indiqué que l'objectif est d'instaurer une croissance porteuse de richesse, de valeur ajoutée, d'innovation, mais aussi créatrice d'emplois. Dans cette démarche, la jeunesse est au centre des préoccupations : constituant plus de la moitié de la population, ils veulent prendre en main leur avenir et contribuer fortement au développement économique et social du pays. Il a par la suite décrit Madagascar en tant que carrefour, aux portes de l'Afrique. Il a indiqué que la Grande Île est « un carrefour de la culture asiatique, africaine et arabe. Beaucoup de chinois et d'asiatiques habitent à Madagascar. Ils se sont intégrés en parlant notre langue et en fondant des familles avec des malgaches. « Nous partageons aussi cette culture asiatique du travail et de l'amitié qui devrait être le socle du développement d'un partenariat économique. Nous partageons cette vision orientale de l'optimisme », a-t-il dit.
Climat des affaires, opportunités et ressources
Aux grands capitaines de l'économie chinoise présents lors de la rencontre, le Président Rajaonarimampianina a fait sienne la déclaration de son homologue chinois Xi Jinping sur la « communauté de destin, de tous les pays et peuples du monde ». De par sa position géographique, Madagascar ambitionne de devenir un hub majeur des échanges commerciaux dans la région de l'Océan Indien et sur le continent africain, ce qui suppose la construction de diverses grandes infrastructures. Parallèlement, Madagascar est en train de renforcer la stabilité politique mise à mal par des crises devenues parfois cycliques. L'accent est mis sur le respect de l'Etat de droit, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, un travail complexe et de longue haleine. Dans cet esprit s'inscrit également la détermination de faire respecter les règles de droit, notamment le respect des contrats afin de favoriser l'investissement privé, national et international, avec, notamment, l'appui de l'EDBM.
Pour le Chef de l'Etat, il est temps pour les investisseurs chinois de saisir les opportunités, parce que Madagascar dispose par ailleurs de ressources humaines qualifiées à tous les niveaux, à même de travailler pour le développement de secteurs d'activités : les industries de transformation telles que le textile et l'agroindustrie, les industries minières, l'énergie, les infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, ou le tourisme. En ce qui concerne le secteur de l'industrie, l'objectif est d'augmenter sa part dans le PIB malgache, de le doubler en 3 ans, et c'est dans le domaine du possible. Le développement de l'industrie requiert la mise en place des mécanismes et des supports nécessaires : la loi sur le partenariat public privé est en vigueur, celle sur les ZES est en cours d'adoption. Dans une vision régionale et continentale, le Président Rajaonarimampianina a mis en exergue l'appartenance de Madagascar à plusieurs communautés de marchés : l'Océan Indien, la SADC qui regroupe 15 pays, le COMESA et sa vingtaine de membres, ainsi que le marché de l'Afrique de l'Est, ce qui représente au total un vaste marché de plus de 500 millions de consommateurs, en somme, une grande opportunité qui s'offre également aux investisseurs, pour un marché beaucoup plus grand et plus large.
L'agriculture et l'énergie
Le marché est très vaste, ne serait-ce qu'au niveau de la région de l'Océan Indien, malheureusement la productivité agricole malgache, à l'instar du riz, est encore très faible, de 2 tonnes à l'hectare, comparée aux 6 à 8 tonnes par ha des pays d'Asie. C'est dans ce sens que Madagascar est très intéressé par le riz hybride. Le Président a mis en relief les défis et les besoins en conséquence : construction de réseaux hydroagricole et de routes pour l'évacuation des produits. Dans le domaine de l'énergie, Madagascar possède de l'huile lourde, mais il y a aussi un grand potentiel de gaz et du pétrole conventionnel. Il a indiqué que 15% de la population seulement ont accès à l'électricité, alors qu'en matière d'énergie hydroélectrique seuls 5% du potentiel sont exploités. Il a conclu son intervention sur le handicap que constitue le déficit en énergie par rapport au développement de l'industrie, faisant appel aux investisseurs chinois à s'intéresser à ce domaine, dans la mesure où ils ont la maîtrise de la technologie et la volonté d'investir.
Distribué par APO pour Présidence de la République de Madagascar.

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