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Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes examine le rapport du Rwanda

Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a examiné aujourd'hui le rapport présenté par le Rwanda sur les mesures prises par ce pays pour donner effet aux dispositions de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

Présentant ce rapport, Mme Espérance Nyiarasafari, Ministre du genre et de la promotion de la famille du Rwanda, a rappelé que le principe d'égalité entre les hommes et les femmes était consacré à par la Constitution. De surcroît, l'article 16 de la loi fondamentale prohibe et punit toute forme de discrimination fondée sur le genre, a-t-elle souligné. La Ministre a ensuite fait part de cinq objectifs fixés par le Gouvernement rwandais : assurer aux femmes et aux filles le plein exercice de leurs droits ; promouvoir la participation des femmes au développement durable de leur société ; minimiser les risques et la vulnérabilité liés au genre ; minimiser l'impact des inégalités dans la société ; et prévenir toute forme de violence basée sur le genre. L'inclusion et la participation active des femmes contribuent au développement socioéconomique du Rwanda, a insisté la cheffe de délégation.

S'agissant de l'éducation, Mme Nyiarasafari a rappelé qu'au Rwanda, l'école était obligatoire et gratuite jusqu'à l'âge de 12 ans. Les écoles récemment construites disposent de lieux d'intimité pour les filles, a-t-elle en outre fait valoir. Le Gouvernement rwandais a mis en place des mesures de sensibilisation pour battre en brèche les stéréotypes liés au genre, a-t-elle poursuivi.

Pour ce qui est de la lutte contre les violences basées sur le genre, la Ministre a fait valoir que le Gouvernement rwandais avait adopté une politique ferme en la matière depuis 2011. Un mécanisme de soutien aux victimes de violences (« Isange One Stop Centre ») a été mis en place ; les centres créés dans ce contexte offrent des soins médicaux et psychologiques, a-t-elle précisé, ajoutant que la création de 17 nouveaux centres est prévue. Mme Nyiarasafari a en outre fait part d'une révision en cours du Code pénal et de la législation relative à la prévention et la répression des actes de violence sexiste. S'agissant de la représentation des femmes aux postes de prise de décisions, Mme Nyiarasafari s'est notamment félicitée de ce que les femmes occupent 64% des sièges de la Chambre des députés. La Ministre du genre et de la promotion de la famille a reconnu que certains défis perduraient, s'agissant notamment des attitudes culturelles et patriarcales, de la participation des hommes dans la promotion des droits des femmes et du niveau de compétence des femmes – qui entrave leur accès au marché de l'emploi.

La délégation rwandaise était également composée de M. François Xavier Ngarambe, Représentant permanent du Rwanda auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que d'autres représentants de la Mission permanente du Rwanda à Genève et du Ministère du genre et de la promotion de la famille. Elle a répondu aux questions qui lui étaient adressées par les membres du Comité s'agissant, notamment, de la hiérarchie des normes ; des dispositions légales discriminatoires – dont la délégation a indiqué qu'elles avaient toutes été amendées ou abrogées ; de la différence des sanctions prévues pour viol et pour viol conjugal ; de la situation des femmes réfugiées ; des femmes batwa ; des femmes rurales ; des questions de santé et d'éducation ; des droits fonciers et d'héritage ; ou encore de la participation et de la représentation des femmes.

Une experte a félicité le Rwanda pour l'adoption de lois qui promeuvent les droits des femmes. Une autre experte a relevé que ce pays était un modèle pour l'Afrique pour ce qui est de la participation des femmes à la vie politique. Cependant, certaines lois à caractère discriminatoire sont toujours en vigueur, notamment la loi pénale relative au viol conjugal, moins sévère que celle relative au viol, a regretté une experte. La différence de sanction existant entre le viol et le viol conjugal est anormale, a affirmé une experte, estimant que le viol entre époux devrait être une circonstance aggravante. Cette moindre sanction du viol conjugal est le reflet de la culture patriarcale qui prévaut au Rwanda, a-t-il été affirmé. La violence conjugale semble acceptée par un large pan de la société, a-t-il été observé.

Il a par ailleurs été déploré que les traités internationaux ne se situent qu'en troisième position dans la hiérarchie des normes.

On accuse régulièrement les camps de réfugiés d'être des lieux de violences à l'égard des femmes, a d'autre part fait observer une experte. Certains rapports mettent en cause le Rwanda pour ce qui est de la traite de personnes, a fait observer une experte, ajoutant que des critiques ont été formulées à ce sujet à l'encontre des camps de réfugiés.

Une experte a jugé préoccupant le taux d'abandon scolaire lié aux grossesses précoces.

Le Comité adoptera ultérieurement, lors de séances à huis clos, ses observations finales sur le rapport du Rwanda et les rendra publiques à l'issue de la session, qui doit clore ses travaux le vendredi 3 mars prochain.

Demain matin, à 10 heures, le Comité entamera l'examen du rapport de la Micronésie.

Distribué par APO pour United Nations Office at Geneva (UNOG).


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