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Le comité des droits de l'enfant examine les rapports du Malawi

Le Comité des droits de l'enfant a examiné, hier et ce matin, les rapports présentés par le Malawi au titre de la Convention relative aux droits de l'enfant et de ses deux Protocoles facultatifs portant, l'un, sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants et, l'autre, sur l'implication d'enfants dans les conflits armés.

Présentant ces rapports, M. Samuel Tembenu, Ministre de la justice et des affaires constitutionnelles du Malawi, a reconnu que la définition de l'enfant n'était pas claire au Malawi, la Constitution et la législation étant contradictoires sur ce point. Il a toutefois assuré le Comité qu'un projet de loi en cours d'examen allait harmoniser la loi fondamentale et la législation pour définir l'enfant comme toute personne ayant moins de 18 ans. M. Tembenu a également reconnu que les mariages précoces constituaient un gros problème au Malawi. La loi fixe aujourd'hui clairement l'âge de nubilité à 18 ans, a-t-il cependant fait valoir. Afin d'assurer l'effectivité de cette disposition législative, le Gouvernement a annulé 650 000 mariages d'enfants, a-t-il indiqué.

Par ailleurs, de nombreuses mesures législatives et administratives ont été prises en faveur de la protection des droits de l'enfant ces dernières années, a poursuivi le Ministre de la justice et des affaires constitutionnelles, citant notamment l'adoption de la Loi de protection de l'enfance de 2010 ; de la Loi sur le handicap de 2012 ; de la Loi sur l'égalité entre les hommes et les femmes de 2013 ; du Plan d'action en faveur des enfants vulnérables pour la période 2015-2019 ; ainsi que du Plan d'action de lutte contre les violences faites aux enfants. Par ailleurs, la lutte contre les violences faites aux albinos est une priorité du Gouvernement, a ajouté M. Tembenu. Le chef de la délégation malawienne a affirmé que le budget consacré à la protection de l'enfance était désormais en forte hausse. La justice pour mineurs a également fait l'objet d'efforts considérables ; de nombreux tribunaux pour enfants ont été créés dans la capitale et en région, a-t-il précisé. Un Plan d'action est en train d'être élaboré pour lutter contre la traite des enfants, a-t-il poursuivi. En conclusion, le Ministre a indiqué que le Malawi manquait de ressources pour rendre effectives les dispositions de la Convention, particulièrement ces dernières années, à cause – notamment – d'évènements climatiques sévères qui ont affaibli les capacités économiques du pays.

La délégation du Malawi comprenait également le Dr Jean Kalilani, Ministre du genre, de l'enfance, du handicap et du bien-être social, et M. Robert Dufter Salama, Représentant permanent du Malawi auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que des représentants du Ministère du genre, de l'enfance, du handicap et du bien-être social et du Ministère de la justice.

La délégation a répondu aux questions du Comité s'agissant, notamment, de la définition de l'enfant ; du système dualiste en vigueur dans le pays (en vertu duquel, pour être applicables, les dispositions des traités internationaux doivent être transposées dans la législation interne) ; des pratiques culturelles préjudiciables et des mariages d'enfants, y compris les mariages forcés d'enfants pour éponger des dettes ; de l'impact des activités d'extraction minière ; du travail des enfants ; des questions d'éducation et de santé ; des enfants des rues ; du placement d'enfants en soins de substitution ; des enfants en conflit avec la loi ; des violences sexuelles infligées aux enfants ; des châtiments corporels ; ou encore du recrutement d'enfants par des seigneurs de guerre locaux.

Au cours du dialogue, un membre du Comité s'est interrogé sur le respect des droits de l'enfant par les entreprises d'extraction minières, insistant particulièrement sur les questions environnementales pour les villages et villes proches des mines. De nombreux enfants des rues sont régulièrement arrêtés et parfois maltraités par la police, a poursuivi cet expert. En outre, les violences sexuelles constituent un problème endémique au Malawi, a-t-il fait observer. Une experte a fait observer qu'au Malawi, une fille sur cinq et un garçon sur sept ont été victimes d'abus sexuels dans leur enfance. La maltraitance et la négligence à l'encontre des enfants sont la cause et la conséquence de la pauvreté, a-t-il par ailleurs été souligné.

Une experte a relevé la faiblesse du taux d'enregistrement des naissances au Malawi. La discrimination à l'encontre des personnes handicapées est une réalité, en dépit de la législation existante, a-t-il en outre été déploré. De nombreux orphelins vivent au Malawi, a fait observer une experte, relevant en outre que les procédures d'accueil de ces enfants sont longues, sans compter ensuite que les centres d'accueil sont des lieux très violents. Une experte s'est inquiétée du fait que les mineurs migrants non accompagnés résidaient dans les mêmes centres que ceux où sont placés les mineurs en conflit avec la loi.

La mortalité infantile reste très élevée, malgré une baisse récente, a pour sa part relevé une autre experte. Par ailleurs, la mortalité maternelle, notamment parmi les adolescentes enceintes, est très élevée, a-t-elle poursuivi. Au Malawi, le taux de grossesse chez les adolescentes est un des plus élevés au monde, a-t-elle souligné. Une autre experte a relevé que le taux d'abandon scolaire était très élevé dans ce pays, particulièrement pour les filles.

Le Comité adoptera ultérieurement, lors de séances à huis clos, ses observations finales sur les rapports du Malawi et les rendra publiques à l'issue de la session, qui doit clore ses travaux le 3 février prochain.

Cet après-midi, à 15 heures, le Comité tiendra au Palais des Nations une réunion informelle avec les États.

Distribué par APO pour United Nations Office at Geneva (UNOG).


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