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Point de presse hebdomadaire de la MINUSMA Jeudi 31 mars 2016

Rapport du SecrétaireGénéral des Nations Unies sur la situation au Mali

Nous vous avons fait parvenir hier, le 30 mars, le plus récent Rapport trimestriel du Secrétaire Général des Nations Unies sur la situation au Mali couvrant la période du 17 décembre 2015 au 18 mars 2016. Ce rapport met l'emphase sur la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et les efforts de la MINUSMA pour le soutenir.

Le Secrétaire Général, Monsieur Ban Ki-moon, est tenu de produire un rapport tous les trimestres en application de la résolution 2227 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette résolution, comme vous le savez, a renouvelé le mandat de la MINUSMA jusqu'au 30 juin 2016.

Dans ses conclusions et recommandations, le Secrétaire Général s'est dit encouragé de voir que les signataires de l'Accord se sont abstenus de recourir à la violence et sont restés engagés à régler leurs différends par le dialogue. Il a toutefois souligné ses préoccupations quant aux progrès limités réalisés dans l'application de l'Accord pour la paix.

Il a souligné que pour faire en sorte que le peuple malien jouisse des dividendes de la paix, de la sécurité et de la justice qui lui reviennent, davantage doit être fait pour réaliser des progrès tangibles sans plus tarder. Il a rappelé que les parties doivent respecter l'article 50 de l'Accord, dans lequel ils ont reconnu que la première garantie de l'aboutissement de ce dernier résidait dans leur sincérité, leur bonne foi et leur engagement à assumer le contenu de l'Accord et œuvrer à la mise en oeuvre de l'ensemble de ses dispositions .

Il a exhorté toutes les parties maliennes à accélérer l'application de l'Accord dans son intégralité, en particulier ses dispositions relatives aux questions politiques et aux questions de sécurité qui conditionnent la bonne exécution de toutes les autres dispositions. Pour faire avancer la mise en œuvre de ces dispositions, l'impulsion du Gouvernement sera cruciale, a-t-il souligné.

Il a demandé aux parties signataires d'associer les femmes et les jeunes aux principaux mécanismes de mise en œuvre de l'Accord de paix ainsi qu'à la conférence de réconciliation nationale qui doit avoir lieu plus tard en 2016. Dans le même ordre d'idées, Il a encouragé la CMA et la Plateforme à poursuivre leurs consultations constructives dans le cadre des pourparlers tenus à Anéfis. Il a souligné à cet égard la nécessité de veiller à ce que les accords bilatéraux parallèles s'articulent plus clairement au cadre général de l'Accord de paix afin de faciliter les progrès dans la mise en œuvre de l'Accord et de contribuer au règlement des conflits intercommunautaires.

Par ailleurs, le Secrétaire General s'est félicité de l'action menée par la Commission technique de sécurité pour appliquer les dispositions relatives à la sécurité, notamment le lancement de la construction des sites de cantonnement ainsi que le contrôle et la vérification des violations du cessez-le-feu dans le cadre des équipes mixtes d'observation et de vérification. Il a demandé à toutes les parties de coopérer pleinement au bon déroulement de ses activités, d'accélérer la mise en place du Mécanisme opérationnel de coordination et de préciser la liste des participants aux patrouilles mixtes et au processus de cantonnement. Dans le cadre du processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, Il a insisté sur le fait que le Gouvernement doit assurer la protection et la prise en charge des femmes et des enfants qui sont victimes du conflit. À cet égard, il a demandé au Gouvernement de procéder à la nomination des représentants du Ministère de la promotion de la femme, de l'enfant et de la famille auprès des commissions nationales sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration et sur l'intégration.

Sur le plan sécuritaire, le Secrétaire Général a indiqué que la progression de l'insécurité et la menace que font peser sur la sécurité les acteurs extérieurs au processus de paix restent alarmantes, comme en témoigne l'attaque contre le camp de la MINUSMA à Kidal le 12 février. Il a condamné énergiquement les attaques menées par les groupes extrémistes violents et les groupes terroristes contre les civils, les groupes armés signataires, les forces maliennes et françaises, ainsi que la MINUSMA, qui demeurent la cible d'opérations asymétriques et de plus en plus sophistiquées. Il a réitéré que les attaques dirigées contre les forces de maintien de la paix des Nations Unies constituent des crimes de guerre en droit international et a demandé que leurs auteurs soient traduits en justice.

Le Secrétaire Général a souligné que la persistance des difficultés opérationnelles auxquelles se heurte la force de la MINUSMA, conjuguée aux conditions actuelles caractérisées par l'insécurité, le trafic de drogues et le terrorisme, continuera de poser de graves problèmes de sécurité à la Mission. Il a encouragé tous les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police ainsi que tous les donateurs bilatéraux à poursuivre leurs efforts pour faire en sorte que le personnel déployé dispose des moyens et de la formation nécessaires à son intervention conformément aux normes de l'Organisation.

Toujours sur le plan sécuritaire, le Secrétaire Général a estimé que le succès de la stabilisation du Mali dépend en dernier ressort du Gouvernement, qui doit redoubler d'efforts, notamment en faisant progresser la révision de la stratégie de réforme du secteur de la sécurité de 2014 afin d'assurer la participation de la CMA et de la Plateforme et en renforçant la coopération régionale en matière de sécurité. Il a également réaffirmé que compte tenu de la nature transfrontière des problèmes de sécurité le Gouvernement doit renforcer la présence des forces armées maliennes dans le nord et créer un environnement plus propice au processus de paix en général et aux activités de la MINUSMA.

Il a indiqué que l'ONU se tient prête à soutenir les mécanismes de coopération régionale en matière de sécurité, notamment la visite d'évaluation que l'Union africaine prévoit effectuer au Mali dans le cadre du projet de force régionale d'intervention. Il a encouragé les pays de la sous-région à approfondir leur coopération en vue de renforcer la collaboration avec le Gouvernement malien et la MINUSMA sur les questions relatives à la sécurité des frontières et à l'échange de renseignements, et grâce à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel. Il a salué à cet égard les efforts menés par le Groupe de cinq pays du Sahel pour soutenir ces initiatives.

Toujours dans son rapport, le Secrétaire Général a exprimé sa préoccupationpar l'augmentation du nombre de violations des droits de l'homme et d'atteintes à ces droits recensées par la MINUSMA ainsi que par la lenteur des progrès réalisés dans la lutte contre l'impunité. Il ne peut y avoir de solution durable au conflit au Mali si de tels faits restent impunis. Il a demandé aux autorités maliennes d'engager promptement des poursuites pénales afin de traduire en justice les auteurs de violations des droits de l'homme. En outre, il a prié instamment le Gouvernement de respecter avec une extrême rigueur les garanties de procédures et de se conformer à ses obligations internationales en matière de droits de l'homme dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme menées dans le centre et le nord du Mali.

Enfin, le Secrétaire General a souligné que le rétablissement des services de base et la création d'activités génératrices de revenus dans les régions du centre et du nord demeurent essentiels pour résoudre les problèmes humanitaires persistants et pour résorber le chômage chez les jeunes et les ex-combattants qui sont susceptibles d'être radicalisés et recrutés par des acteurs violents. Il a vivement encouragé le Gouvernement à poursuivre l'action qu'il mène pour élargir la couverture des services sociaux de base dans les régions du centre et du nord afin que les populations touchées par le conflit bénéficient des dividendes tant attendus de la paix. Il a également engagé le Gouvernement à aller de l'avant dans la mise en œuvre de la stratégie de développement pour le nord présentée à la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, qui s'est tenue à Paris le 22 octobre 2015, ainsi que dans la mise en place du fonds de développement durable qu'il s'est engagé à doter de 450 millions d'euros pour la période 2016-2018.

Activités de la direction de la MINUSMA

Le 29 mars, le Représentant Spécial du Secrétaire Général et Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh Annadif, a rencontré le Directeur Exécutif de l'ONUSIDA, M. Michel Sidibé, qui a effectué une visite officielle au Mali du 26 au 29 mars. M. Sidibé a été reçu par le Président de la République du Mali, S.E.M. Ibrahim Boubacar Keita ainsi que par le Ministre des Affaires Etrangères, de la Cooperation Internationale et de l'Intégration Africaine, M. Abdoulaye Diop.

Cette visite fait suite à l'invitation personnelle du Secrétaire Général des Nations Unies adressée à S.E.M. Monsieur Ibrahim Boubacar Keita pour participer à la Réunion de Haut Niveau sur le VIH/SIDA qui se tiendra à New York du 8 au 10 juin 2016 et assurer une forte participation du Mali à cette réunion. La Réunion de Haut Niveau sera l'opportunité pour confirmer les engagements pris par les Chefs d'Etats, dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), de mettre fin au Sida à l'horizon 2030, et pour réaffirmer une véritable solidarité internationale pour répondre aux défis du VIH notamment ceux liés aux contextes de crises sécuritaires et humanitaires.

Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire Général chargé des Affaires politiques, M. Davidse, aeffectué une visite à Gao hier, au cours de laquelle il arencontré les autorités locales, la société civile, notamment les femmes et les jeunes, les membres du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) ainsi que lepersonnel de la MINUSMA.

Les nombreux échanges fructueux ont mis en exergue la nécessité d'une mobilisation collective en faveur de la lutte contre l'insécuritéparticulièrement dans les zones rurales,lechômage des jeunes et de doter la région de ressources et de moyens appropriés afin que puissent être menés à bien les projets de réhabilitation et de modernisation. Le Gouverneur a souligné la bonne coopération avec la MINUSMA qu'il a remercié pour son accompagnement et son soutien au quotidien. La société civile a exprimé ses préoccupations et a souhaité voir une amélioration de la sécurité en dehors de zones urbaines ainsi que la création d'opportunités pérennes à travers de vastes chantiers.

Quant aux membres du MOC, ils ont réitéré leur volonté d'opérationnaliser au plus vite ce mécanisme, conscients qu'il peut contribuer à améliorer progressivement la sécurité de manière générale.

M. Davidse a souligné à tous ses interlocuteurs que ces échanges démontrent la nécessité d'accélérer la mise en œuvre de l'Accord pour la paix afin que les dividendes de la paix se traduisent rapidement dans les faits.

Force

Au 18 mars, l'effectif de composante militaire de la MINUSMA s'élevait à 10 698 casques bleus déployés à raison de plus de 90% dans les régions du nord, comme vous pouvez le lire dans le Rapport du Secrétaire Général.

La Force poursuit ses opérations afin de protéger la population et d'empêcher toute liberté de manœuvre aux groupes armés terroristes.

Au niveau des secteurs, la Force a procédé aux activitéssuivantes :

Secteur Nord

-Renforcement des mesures de sécurité dans le secteur.

-Contrôle de l'axe Kidal-Aguelhok et renforcement du dispositif sécuritaire à Kidal pour la protection des civils.

Secteur Est

-Maintien des dispositions sécuritaires à travers des check-points et des patrouilles.

-Sécurisation de deux sites de cantonnement Fafa et Innegar.

-Contrôle de l'axe Gao-Ménaka pour renforcer la sécurité et la protection des civils.

Secteur Ouest

-Sécurisation du site de cantonnement de Likrakar.

-Contrôle de l'axe Goundam-Niafunke pour renforcer la protection des civils.

Sur le plan opérationnel, la Force a effectué 334 patrouilles, tenu 174 check-points et sécurisé 44 escortes.

Relèvement

Le 24 mars, 3 Projets à impact rapide (QIP) ont été lancés dans la région de Mopti, par les autorités régionales, les bénéficiaires et la MINUSMA. Le premier projet porte sur le nettoyage des abords du fleuve Bani et de la digue Est dans la Commune Urbaine de Mopti - sponsorisé par la Section Désarmement, démobilisation et réintégration — DDR de la MINUSMA. Ce projet est financé par la MINUSMA et réalisé par l'ONG Action Mopti, avec un appui technique de la Commune Urbaine de Mopti. L'initiative créera 120 emplois temporaires et 50 emplois à moyen et long terme en faveur des jeunes à risque et membres des groupes d'auto-défense impliqués.

Sponsorisés par la Police des Nations unies, les deux autres projets QIP sont au profit des Forces de sécurité maliennes dans la région de Mopti grâce à la réhabilitation et à l'équipement du premier poste de la Protection Civile de Douentza, ainsi qu'à celles de la Brigade de Gendarmerie de Douentza.

Les trois projets correspondent à un budget total de plus de 55 millions de Francs FCFA.

Le 29 mars, l'Unité Genre de la MINUSMA a procédé à la remise d'installations au Centre de détention pour femmes de Bollé. Des travaux de réhabilitation ont permis d'améliorer les conditions de vie des 125 détenus, notamment via construction de toilettes, la réalisation de canalisations et l'amélioration du hangar qui sert de cuisine. Ce projet a été initié en collaboration avec la Clinique Juridique DEMESSO.

Processus de Paix

Le 29 mars, à Bamako, la MINUSMA, via sa division des Affaires Civiles, a apporté son appui technique et logistique à l'ONG internationale ARGA/Mali (Alliance pour la Refondation de la Gouvernance en Afrique) dans l'organisation d'un débat public sur le thème « La Décentralisation, un outil de développement territorial au Mali ». La rencontre s'est déroulée au Centre Universitaire de Kalanbacoro et a regroupé une centaine de participants pour explorer les voies et moyens d'améliorer la gouvernance locale au Mali. Une centaine de copies de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ont été distribuées.

A Mopti, durant la période écoulée, la MINUSMA, via sa division des Affaires Civiles, a tenu deux séances d'information et de sensibilisation des populations sur le mandat de la MINUSMA et l'Accord pour la paix et la réconciliation dans les cercles de Koro et Bandiagara. Au cours de ces rencontres avec les communautés de quatre villages, une cinquantaine de copies de l'Accord ont été remises aux communautés.

Questions Électorales

Le 30 mars, la Division Electorale de la MINUSMA a facilité le transport aérien de Bamako à Tombouctou du Gouverneur de la nouvelle région de Taoudéni et de son collaborateur. Ce voyage s'inscrit dans le cadre des prochaines élections communales, régionales et du District de Bamako et contribue à la mise en place de conditions favorables à la préparation des élections en appuyant le Gouvernement malien dans le cadre du retour de l'autorité de l'Etat dans les régions du nord.

Lutte anti-mines

ASakoiba, dans la région de Ségou, le Service de luttes anti-mines des Nations Unies (UNMAS) continue d'apporter son appui aux Forces de Défense et de Sécurité Maliennes pour la destruction de plus de 200 tonnes de munitions obsolètes et non fonctionnelles. 75% du travail a déjà été effectué.

Le 21 mars, le Service de luttes anti-mines des Nations Unies (UNMAS) a délivré une session de sensibilisation aux risques des mines et autres engins explosifs pour la Police de l'air et des frontières (Gendarmerie et Police Nationale).

Dans les régions de Tombouctou et Gao, un projet d'assistance aux victimes des restes explosifs de guerre et autres engins explosifs débuté ce jeudi 31 mars, avec l'appui technique et financier du service de luttes anti-mines des Nations-Unies (UNMAS).

Et une annonce en terminant, le lundi 4 avril prochain sera célébrée la journée internationale de sensibilisation au problème des mines et de l'assistance à la lutte anti-mines. Cet évènement sera célébré à Bamako, Gao, Tombouctou, Mopti, Kidal et Tessalit.


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