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Visite Ad Limina des Evêques du Mozambique

VATICAN, Saint-Siège, 11 mai 2015/African Press Organization (APO)/ — Le Pape a rencontré ce matin les évêques du Mozambique au terme de leur visite Ad Limina. Dans le discours qu'il leur a remis, il a rappelé en premier lieu que Jésus a demandé à l'apôtre Pierre : M'aimes-tu ? Et devant sa réponse affirmative, il lui dit : Pais mes brebis. Le Christ, qui s'est fait pauvre pour nous, demande aux évêques de faire preuve du même amour pour s'occuper de son troupeau, avec une entière disponibilité et un abandon total... Il les appelle à laisser de côté les fausses présomptions pour "laver les pieds de ceux que le Seigneur nous a confié". Le Pape François a ajouté que dans la sollicitude pastorale des évêques, les prêtres occupent une place très particulière parce que "si Dieu nous demande d'aimer notre prochain, les premiers prochains des évêques sont ses prêtres, des collaborateurs indispensables pour qui ils doivent toujours avoir leur c ?ur, leur main et leur porte ouverts. Le temps passé avec eux n'est jamais du temps perdu". Il a aussi souligné que la fécondité de la mission épiscopale et sacerdotale ne se mesure pas au nombre des collaborateurs, ni au prestige de l'institution, ni par la quantité de ressources disponibles. Ce qui compte c'est "être imprégnés par l'amour du Christ, se laisser conduire par l'Esprit et greffer son existence dans l'arbre de la vie, qui est la Croix du Seigneur". Nous savons que Paul, "modèle indépassable de missionnaire chrétien, essayait de se conformer à Jésus dans sa mort pour participer à sa résurrection". Dans son ministère, l'apôtre "connut la souffrance, la faiblesse et la déroute, mais aussi la joie et le réconfort. Le mystère pascal de Jésus est le c ?ur de la mission de l'Eglise. Si vous restez dans ce mystère, vous serez à l'abri d'une vision mondaine et triomphaliste de la mission, autant que du découragement qui peut surgir face aux épreuves et aux échecs".

Mais aujourd'hui, s'est interrogé le Saint-Père, "y aura-t-il encore des missionnaires comme Paul, des hommes et des femmes cramponnés à la croix du Christ...dépouillés de tout pour embrasser le Tout ? Oui, il faut se réjouir pour ces hommes et ces femmes totalement consacrés au Christ". Il a évoqué ensuite le témoignage des religieux et religieuses qui au Mozambique se consacrent à l'accueil des pauvres, à l'éducation des enfants abandonnés ou qui se mettent à l'écoute de toutes les misères. Il a fait l'éloge du "dévouement héroïque" de nombreux médecins et infirmiers, prêtres et religieuses, qui travaillent dans des cliniques et des hôpitaux et a invité les évêques à les remercier tous, soulignant l'importance de l'insertion diocésaine des communautés religieuses. "Ils ne sont pas du simple matériel de réserve pour les diocèses, mais des charismes qui enrichissent", a-t-il ajouté. Le Pape a exhorté les prélats à vivre au milieu de leurs fidèles, même dans les périphéries de leurs diocèses et aussi dans les périphéries existentielles, où se trouvent la souffrance, la solitude et la dégradation humaine, parce qu'un "évêque qui vit parmi ses fidèles garde ses oreilles ouvertes pour écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises et la voix des brebis", grâce aussi aux organismes diocésains qui ont la tâche de les conseiller et de les aider "en encourageant un dialogue loyal et constructif au conseil presbytéral, au conseil pastoral, au conseil économique. Il n'est pas pensable qu'un évêque ne compte pas sur ces organismes diocésains. Cela signifie aussi, être avec le peuple. Je pense ici à votre devoir de résider dans votre diocèse. Ecoutez ce que demande votre peuple qui veut voir son évêque, marchez avec lui, soyez proches de lui. Vous avez besoin de cette présence pour vivre et en un certain sens, pour respirer... Les pasteurs et les fidèles du Mozambique ont besoin de développer davantage la culture de la rencontre. Jésus ne demande qu'une chose, que vous alliez à la rencontre des nécessiteux". Parmi eux, il a mentionné les victimes des catastrophes naturelles qui il y a peu ont semé dans le pays la destruction, la souffrance et la mort, augmentant ainsi le nombre de déplacés et de réfugiés. "Ces personnes ont besoin de partager leur douleur, leurs anxiétés, leurs problèmes. Elles ont besoin qu'on les regarde avec amour et vous devez sortir à leur rencontre comme l'a fait Jésus". Enfin, le Pape a élargi son propos à tout le Mozambique où les tensions et les conflits des dernières années ont entamé le tissu social, détruit les familles et mis en danger l'avenir de milliers de jeunes. "La manière la plus effective de compenser la mentalité de l'arrogance et de l'inégalité, tout comme des divisions sociales, c'est d'investir dans le champ de l'éducation qui enseigne aux jeunes à penser de façon critique et qui permet de faire mûrir les valeurs. C'est pourquoi, il faut sensibiliser au monde les responsables de la société, et raviver la pastorale dans les universités et les écoles, unissant la mission éducative avec la proclamation de l'Evangile. Les besoins sont si grands qu'ils ne peuvent être simplement satisfaits par des initiatives individuelles ou par l'union de particuliers éduqués dans l'individualisme. On répond aux problèmes sociaux par des réseaux communautaires. Il faut unir les forces dans la même direction, ce qui aide la Conférence épiscopale qui est en charge du dialogue unitaire avec l'autorité politique commune à tout le territoire. Je vous encourage donc à mettre en place de bonnes relations avec le gouvernement, non de dépendance, mais de solide collaboration. Chers évêques, ne ménagez pas vos efforts pour soutenir la famille et pour défendre la vie de la conception à la mort naturelle. Rappelez donc les choix d'un disciple du Christ et la beauté d'être mère, accompagnée du soutien de la famille et de la communauté locale. La famille doit être toujours défendue comme source principale de la fraternité, du respect des autres et du chemin premier de la paix".


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